Une épaisse brume m'enveloppe
Surmonter d'une pluie glaciale
Les gouttelettes d'eau s'éclatent au contact d'un obstacle
Elles sont si froides
Lorsqu'elles s'abattent sur ma peau
Ce n'est plus de l'eau
Mais des aiguillons de glace qui me transperce
L'eau est devenue glace
Le liquide est devenu solide
Le sang s'écoule de ma chair
Par ces milliers d'écorchure
Et se mêlent à présent au sol boueux
Je m'effondre à genoux
Mon armure gorgée de liquide
Devenue impossible à supportée
Mais je ne compte pas m'en débarrasser
A plein poumons
Je respire ce brouillard intense
Mon esprit ce gèle
Confiner dans cette immensité
Ce que j'aimerai me relever
Au lieu laisser mon visage contre la terre
La boue, le sang et l'eau
S'agglutinants dans ma bouche
Rampant le long de ma gorge
Etouffant lentement mon corps
J'aurais voulu que cette brume soit un lac
Afin de pouvoir flotter à sa surface
Regarder jusqu'où s'étend l'horizon
De cette étendue à la vie nocturne
La pluie continue à me déchirer le visage
A me crever les yeux
A ensanglanter mes lèvres
Lèvres et sang que j'aimerais déposer sur ton corps
Descendre de ton front jusqu'à ta poitrine
Glisser ma langue le long de tes seins
Dans un dernier souffle d'agonie
Je pousserai ma volonté jusqu'à ton ventre
Je forcerai mon âme à se relever
Peu importe que mon propre corps soit en lambeau
Que ma posture soit celle d'un revenant
Je veux te contempler
Vierge et nue
Allonger sur le sol
Recouverte par la boue rougeâtre
Qui caresse ta chair
Coulant le long de tes cuisses
Léchant ton entrejambes
Tes yeux envahis par la tendresse et le désespoir
J'aurais voulu que tu me fasses partager cet instant
Encore une fois seulement
Mais tu vas te dissiper
Comme cette brume qui m'entoure
Cette brume qui viole mon âme
Comme cette terre qui viole ton corps
A travers cette pluie de glace qui nous ravage
L'éclat de la lune se disperse et se reflète
Comme sur les diamants aux mille facettes
Répandant la lumière morte sur nos vie, nos âmes
Prend moi juste une dernière fois dans ta bouche
Entre tes lèvres charnelles
Suce mon âme comme on aspire à la vie
Mort ma chair comme l'on croque un fruit
Mais prend le temps de savourer ton plaisir
Prend le temps d'apprécier chaque parcelle
D'apprécier chaque sensation
Celle de la chair
Celle du sang
Celle du fluide vital
Déhanche ta carcasse de damnée
Jouissant au milieu de la boue
Lapider par des milliers de cristaux
Qui déforme ton aura de déesse
En celle d'une créature décharnée
Le corps déchirer en lambeau
Les cheveux rempli d'un liquide froid et vaseux
Tu viens me caresser la chair de tes griffes acérées
Tes paupières écorchées
Me laisse entrevoir un regard macabre
Des yeux d'une telle morbidité
Que même l'enfer en serait effrayé
Le désir qui brûle en moi est intense
J'ai envie de brandir mon glaive
Au-delà de cette brume
Défier les créatures et les esprits les plus puissants
Continue de lécher le sang qui s'écoule de mes veines
Continue d'embrasser le fer de mes bottes nimbé de cuir
L'aube se lève
La brume se dissipe
Tu t'évapores
Je me retourne et reprend mon chemin
Apres une longue nuit de songe agité
Quel rêve étrange
Mais cette boue sur mes bottes
Ce sang sur mon armure
Ces écorchures sur mon visage
Tout cela n'était il vraiment qu'un rêve
Cette brume
Fut elle crée par mon esprit
Ou vient elle d'une entité supérieur
Qui voulu m'offrir une nuit de repos
A sa manière
Dans son domaine
Je lève mes yeux vers le ciel
Il pleut
Je souris
Car c'est de l'eau qui ruisselle à présent
Sur ces landes dévastées
Le long de mon armure
Mais je garderais toujours ce souvenir
Celui où l'eau devint glace
Et que cette pluie de cristaux lunaire
Me déchira la peau
Dans un étrange passé

