MaelStrom
Il fut un temps de rois et de royaumes
Bénies de lumière sacrée avant le déluge
Avant le changement
Amené d'une ère moderne
Il fut des jours clairs et lumineux
Avant les ténèbres et les tempêtes
Avant l'effondrement des cités
L'apocalypse de feu
Les pluies de glace
Marais à perte de vue
Telle la terre des démons
Qui pousse en surface
Vision angélique d'un passé révolu
Du noir, de la torpeur
Un sommeil, une peur enlacée
Plaisir profond mais redouté
Comme un appel par l'au-delà
Sans retour, ni aller
Un simple pas au dessus d'une frontière d'irréel
Caresser par une brume d'automne
Au réchauffement des météores de feu
Arroser par le chant des douces fées au regard d'émeraude
On s'aventure
Plus loin, plus longtemps
Comme attirer par les trésors les plus secrets
Mais on revient de moins en moins
On termine par se perdre
On tombe, on oublie, on s'efface
Mais toujours elles nous retrouvent
Car elles deviennent cauchemar
Peur envoûtante
Désir consumant
Chant mélodique aux dents acérées
Ces nymphes caressées par l'eau sombre
Nageant comme les dauphins de l'océan
Dans ces étendue de vase
La peau lisse gorgée de liquide
Pale et blanchâtre comme les mortes
Revenu récemment d'outre monde
Elles appellent, elles demandent, elles implorent
Et on se rapproche
De leur domaine, de leur griffes
On se penche, beau reflet miroitant
Et elles nous attrapent, comme un appât trop frais
Au bout d'une ligne mal hameçonné
Et nos chairs iront repaître leurs estomacs
Mais leurs chants feront oublier la douleur
Les yeux percés, nous n'y verront plus la souffrance
D'apercevoir nos membres mutilés
Servant de repas à ces belles sirènes
Sirènes de prose, sirènes de chant
Harpies déguisées en dauphin marécageux
Entrer aux lisières des forets
Elle aime tellement la chair
Elle apprécie baigner dans le sang
Un sang frais, qui ruisselle le long de leurs corps de vierges
Comme un gel dessinant maint contour exquis
De leurs lèvres à leurs poitrines
Jusqu'au bout de leurs parties intimes
Il descend, se répand comme les pétales au murmure d'un vent chaud
Si belles, si cauchemardesques
Et pourtant, on y reste
On y goûte
Et n'oubliez pas d'écouter leur prière avant chaque repas
Car c'est votre dieu qu'elle remercie
Qu'elle remercie de nourrir
Car la chair est succulente lors qu'elle provient des créatures de dieu
Alors vous aussi priez, et remerciez votre dieu
De vous offrir comme repas à ses enfants oubliés
Petite effigie qui s'effondra du royaume des rois
Lorsque à chacun leur tours
Elles goûteront la saveur royale
L'ère moderne rasera leur petit domaine
Les machines assourdiront leurs chants de mélodies macabres
Et comme dieu
Joueur d'échec merveilleux
Elles disparaîtront selon sa volonté
Car ainsi il n'y aura plus de preuve
Plus de contestation, de besoin de nourrir
Une progéniture exilée
Et l'asphalte encore fumant ensevelira leurs corps
Dans un bitume de trottoirs et de routes sombre
Et de leur cri de souffrance naîtront plante et verdure
Derniers récit de douces sirènes
A l'apogée de leurs existences.
Sworgheist Dracos from "Fallen Hell"